Comment présenter son roman à un éditeur ?

Que faut-il envoyer à un éditeur lorsqu’on lui propose un roman ?

Un manuscrit, bien sûr. Mais comment lui présenter en quelques pages un univers, une histoire, des personnages et vingt-cinq années d’existence d’un texte ? Plutôt que de vous donner une recette théorique, j’ai décidé de vous montrer le véritable dossier éditorial d’Au coursier des rêves. Celui que j’envoie aujourd’hui aux maisons d’édition. Et vous pouvez le télécharger gratuitement.

 

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Il y a des documents que l’on écrit pour être lus.

Et d’autres que l’on écrit pour donner envie de lire.

Un dossier éditorial appartient à cette deuxième catégorie.

Depuis quelque temps, Au coursier des rêves a repris son voyage.

Le roman existe aujourd’hui en autoédition, mais je souhaite lui offrir une nouvelle vie éditoriale et le confier à une maison capable de l’accompagner autrement.

Il fallait donc revenir à cette étrange épreuve que connaissent beaucoup d’auteurs :

Présenter en quelques pages un roman qui en compte plusieurs centaines.

Comment résumer un monde en six pages ?

C’est probablement la première difficulté.

Un roman n’est pas son résumé.

Ce n’est pas davantage son synopsis.

Encore moins une fiche technique.

Au coursier des rêves raconte l’histoire d’un homme étrange qui veut transmettre à distance des images, des sons et des émotions.

Son intention est presque naïve :

 

faire circuler la beauté.

Mais d’autres hommes découvrent progressivement que cette invention peut servir à autre chose.

L’ingénieur y voit une prouesse technique.

L’industriel, un marché.

L’homme de spectacle, une audience.

Et l’homme de pouvoir comprend que celui qui maîtrise les images peut également agir sur la manière dont une population perçoit le monde.

Alors commence la dépossession d’une idée.

Le rêve devient technologie.

La technologie devient industrie.

L’industrie devient média.

Et le média peut devenir instrument de pouvoir.

Comment raconter cela rapidement sans raconter tout le roman ?

C’est précisément le rôle du dossier éditorial.

Un dossier destiné aux éditeurs… que j’ai décidé de vous ouvrir

Ce document n’avait initialement pas vocation à être publié sur ce site.

Il a été conçu pour accompagner mes démarches auprès des maisons d’édition.

Mais je me suis finalement posé une question :

pourquoi le réserver aux seuls éditeurs ?

Un lecteur peut lui aussi avoir envie de découvrir les coulisses d’un livre.

Un auteur qui prépare ses propres envois peut être curieux de voir comment un autre auteur a choisi de présenter son travail.

Et ceux qui suivent l’histoire du Petit Coursier depuis quelque temps pourront y découvrir des éléments que je n’avais jamais réunis de cette manière sur le site.

J’ai donc décidé de rendre ce dossier accessible.

Exactement comme il a été conçu pour présenter le roman.

Que trouve-t-on dans ce dossier ?

Six pages seulement.

La première donne immédiatement le ton :

AU COURSIER DES RÊVES

Il inventait des rêves. Ils en ont fait des armes.

Puis vient la présentation du roman.

Qui est le Petit Coursier ?

Pourquoi revient-il clandestinement dans cette boutique condamnée ?

Qu’a-t-il perdu ?

Pourquoi poursuit-il cette mystérieuse « musique inconnue » ?

Comment une invention conçue pour transmettre la beauté devient-elle progressivement une industrie de l’image puis un instrument de pouvoir ?

Le dossier contient ensuite un synopsis plus détaillé.

Pas simplement une quatrième de couverture destinée à préserver le mystère.

Le véritable synopsis permettant à un éditeur de comprendre la construction du récit, ses personnages, ses conflits et son dénouement.

Puis vient la note d’intention.

Et c’est peut-être la partie la plus personnelle du document.

Un roman commencé en 1997

Au coursier des rêves est né en 1997.

À l’époque, la télévision était encore l’écran autour duquel se concentraient les images, les programmes et une grande partie du spectacle collectif.

Les réseaux sociaux n’existaient pas.

Le smartphone non plus.

L’intelligence artificielle générative appartenait à un autre horizon.

Puis le roman est resté dans un tiroir.

Longtemps.

Très longtemps.

Lorsque je l’ai repris en 2023, presque un quart de siècle s’était écoulé.

Les écrans avaient quitté le salon.

Ils étaient entrés dans nos poches.

L’image était devenue permanente.

Interactive.

Individuelle.

Les réseaux sociaux avaient fait de chacun de nous un spectateur, mais également un diffuseur et parfois le producteur de sa propre représentation du réel.

Et j’ai alors éprouvé un sentiment assez étrange.

Les questions que posait ce vieux roman n’avaient pas disparu.

Elles avaient changé d’échelle.

Je n’ai pourtant pas voulu transformer le roman en prophétie

C’était important pour moi.

Je n’ai pas réécrit artificiellement le livre pour lui faire annoncer le smartphone, TikTok, les algorithmes ou l’intelligence artificielle.

Cela aurait été trop facile.

Et probablement assez malhonnête.

Quelques éléments contemporains ont naturellement accompagné la reprise du manuscrit.

Mais l’interrogation centrale demeure celle du texte d’origine.

Elle tient en une phrase :

Que devient une invention lorsqu’elle échappe à celui qui l’a imaginée ?

Le Petit Coursier ne recherche ni l’argent ni le pouvoir.

Il veut créer.

Il cherche la beauté.

La musique.

L’amour.

Et une manière de transmettre aux autres ce qu’il ressent.

Mais une invention n’appartient jamais très longtemps à son inventeur.

D’autres hommes s’en emparent.

Et chacun y projette son propre désir.

Pourquoi envoyer aujourd’hui ce roman à des éditeurs ?

Parce que l’autoédition n’est pas nécessairement la fin d’une histoire éditoriale.

Au coursier des rêves existe.

Il possède un ISBN.

Il est actuellement diffusé via Bookelis.

Mais j’en conserve les droits.

Ma démarche actuelle ne consiste donc pas à faire passer pour inédit un texte qui ne l’est pas.

Elle consiste à rechercher une maison d’édition susceptible de lui offrir une nouvelle vie éditoriale.

  • Un catalogue.
  • Un regard éditorial.
  • Une diffusion.

Et peut-être surtout de nouveaux lecteurs.

Le dossier le dit très clairement : le roman se situe à la frontière de la fable, du roman d’anticipation, du récit poétique et de la critique sociale.

C’est précisément cette singularité qu’il faut parvenir à transmettre à un éditeur avant même qu’il ouvre la première page du manuscrit.

Aujourd’hui, le dossier voyage avec le manuscrit

Il y a quelque chose d’assez particulier à imprimer plusieurs centaines de pages, à les glisser dans une enveloppe et à les confier à La Poste.

Un fichier informatique se transmet en quelques secondes.

Un manuscrit papier, lui, voyage encore physiquement.

Aujourd’hui, deux exemplaires ont ainsi pris la route.

L’un à destination des Éditions Grasset.

L’autre à destination d’Actes Sud.

  • Deux manuscrits.
  • Deux dossiers éditoriaux.
  • Deux lettres personnalisées.

Et désormais cette période étrange que tous les auteurs connaissent :

l’attente.

Je ne sais évidemment pas ce que deviendront ces envois.

Mais leur départ constitue déjà une nouvelle étape dans la vie du Petit Coursier.

 

Et puisque ce dossier est parti chez les éditeurs, pourquoi ne pas vous le montrer ?

C’est finalement la raison de cet article.

Habituellement, le lecteur voit le livre terminé.

Il ne voit pas nécessairement ce qui l’accompagne lorsqu’un auteur frappe à la porte d’une maison d’édition.

Alors j’ai décidé d’ouvrir cette porte.

Vous pouvez découvrir exactement le dossier éditorial que j’utilise aujourd’hui pour présenter Au coursier des rêves.

Vous y trouverez :

— la présentation du roman ;

— son synopsis complet ;

— ma note d’intention ;

— l’histoire de sa naissance en 1997 et de sa reprise en 2023 ;

— la présentation du projet éditorial ;

— et la place d’Au coursier des rêves dans l’ensemble romanesque Désirs et Douleur.

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